vendredi 1 août 2014
Lectures salutaires
Afin de ne pas bronzer idiot, vous trouverez ci-dessous une petite sélection de livres à lire ou à relire qui ont servi durant l'année à nourrir et développer nos thèmes d'écritures.
Maryse Condé En attendant la montée des eaux (2010 – JC Lattès)
Dino Buzzati Le Désert des Tartares (1949 – Robert Laffont)
Julio Cortazar Les Armes secrètes (1973 – Gallimard)
Nathalie Sarraute Enfance (1983 – Gallimard)
Emile Zola Germinal (1885)
Jorge Luis Borges Le livre de sable (1978 – Gallimard)
Erri de Luca Pas ici , pas maintenant (2008 – Gallimard)
Erri de Luca En haut à gauche (1998 – Le Livre de Poche)
Don de Lillo L’Ange Esmeralda (2013 – Actes Sud)
Marguerite Duras Un barrage contre le Pacifique (1950 – Gallimard)
Marguerite Duras Le Ravissement de Lol V Stein (1964 – Gallimard)
TANG Ke Yang & Martine LAFFON La nuit. Du crépuscule à l’aube (1999 – Desclée de Brouwer)
Guy de MAUPASSANT La Nuit. Clair de Lune (1887)
Jean Métellus Eléments (2008 – Janus)
Albert Memmi L'écriture colorée ou Je vous aime en rouge : sur une dimension nouvelle de l'écriture : la couleur (1986 – Périple)
Jacques Roubaud Ode à la ligne 29 des autobus parisiens (2012 – Attila)
Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive. Aussi, si quelqu'un souhaite y faire ajouter un ou plusieurs ouvrages, surtout qu'il ne se prive pas.
Bonne lecture et bonnes vacances à toutes et tous.
lundi 28 juillet 2014
Non la nuit n'est pas que la nuit
La preuve : je me suis promené l’autre nuit dans les chambres des autres, pas celles de mes enfants, non ça j’ai l’habitude, de bisouter mes 2 nounours béats dormant aux anges, une jambe au dessus de la couette et les 2 bras en l’air…Non, la nuit de mes oursins, c’est la vraie nuit, la nuit-nuit, la nuit normale, le nuit angélique…
Mais la nuit chez les autres, là c’est autre chose, la nuit dans les chambres des autres, je suis allé voir, et ça vaut la visite, je peux vous le dire…
Tout près de chez moi, la voisine, savez ce qu’elle fait la nuit ? Elle se coupe rageusement les ongles de pieds assise de travers sur le bord de sa baignoire, dans le noir, avec des envies évidentes de se couper tout le reste du pied pour anesthésier son malheur. Mais oui, elle est malheureuse la nuit ma voisine, elle est malheureuse de dormir à côté de cet homme qu’elle croyait aimer, cet homme qui l’ignore depuis des années, cet homme qu’elle a choisi devenu l’étranger quotidien …Lui, on dirait qu’il attendait ce moment où elle se lève avec sa souffrance chevillée à la poitrine, ce moment où elle part cacher sa souffrance dans le noir de la salle de bain, ce moment où elle part ronger sa peine et ses ongles. A peine s’est elle levée, je l’ai vu, croyez moi, j’y étais, il s’est étalé, plus à son aise que jamais, sur toute la largeur du lit, presque soulagé, comme si c’était non seulement normal qu’elle ait quitté le lit du couple, mais même comme si c’était meilleur d’être seul…Et il sourit, je vous promets, je l’ai vu, il sourit en s’étalant…C’est un pervers c’est sûr ! Une nuit, c’est lui qu’elle découpera en lamelles avec son coupe ongles !
Et puis celui là qui rentre tard et qui la réveille toutes les nuits, chaque fois, chaque nuit, parce que c’est normal qu’elle l’attende quel que soit l’état d’avancement de son sommeil, parce que c’est normal qu’elle soit fraîche et accueillante au beau milieu de ses rêves entamés. Il est en train de lui ronger la santé à petit feu à sa douce ! Mais que lui importe à lui du moment qu’elle l’attende ! Du moment qu’elle ne le déçoive pas !
Et puis cet autre qui dort tout habillé, tout botté, jamais rasé, qui cherche dans son sommeil haché une raison d’espérer malgré tout, qui cherche un boulot, qui cherche une raison, qui cherche une oreille une âme sœur. Il ne se regarde plus dans la glace, il n’y croit presque plus, il cherche dans ses cauchemars une ultime raison, une dernière réponse, il cherche quelqu’un qui lui dirait qu’il a raison de chercher encore…
Et ceux là ? Mais…ils sont 3 ? C’est toujours le même qui se retrouve au milieu ? Quel cauchemar… !
ET puis ces 2 là, ha tiens ils s’aiment, ça ça fait pas un pli. A peine le 8ème né !
Il y a ceux qui dorment dans leur hamac, parce que ça berce, c’es plus original qu’un lit, ha ! Quelle aventure ! Ceux qui dorment la bouche ouverte, les yeux ouverts, les pieds en canard, ceux qui dorment debout, ceux qui dorment tout éclairés, les anxieux, les névrotiques, veillés par un petit lapin dans la prise, ceux qui se battent avec un moustique, et paf une claque sur la cuisse, et paf, une autre sur le pif de leur femme, ceux qui n’osent plus respirer, ne bougeons pas, chut ! Moins fort ! y a bébé d’amour qui dort enfin, affalé de tout son saoul sur le poitrail de papa après une soirée de lutte…ceux qui mangent en cachette, qui ont des Figolu cachés sous l’oreiller, qui mâchent les mâchoires bien serrées pour ne pas se faire pincer « ho non ! Ne me dis pas que tu manges encore dans le lit ! Non non non ! Pitié ! », ceux qui font pipi au lit, ceux qui ont les jambes par-dessus la tête, « ça circule mal », ceux qui reniflent leur mouchoir d’eucalyptus pour ouvrir les sinus, ceux qui font semblant pour éviter le bilan de la journée conjugale, ceux qui se tournent, se retournent, se reretournent, les nerveux les excités, ceux qui font le nounours qui se balancent, qui ont du mal à retrouver les sensations béates de leur vie prénatale, ceux qui parlent dans leurs rêves qui avouent tout qui ne pourront jamais avoir de double vie, ouf !, ceux qui se cognent contre les murs, qui perdent le sens en route, qui ne savant jamais où sont les repères, le haut du drap, le bas du lit, de quel côté le réveil pour demain matin ?, les déboussolés, les somnambules au lit, ceux qui appellent moman jusqu’ à devenir centenaire, les mal aimés, les effrayés, les fragiles, toujours en manque, ceux qui se droguent au tilleul et à la camomille pour entrer dans un doux apaisement, ha que c’est bon quand tout se calme !, et qui se relèvent toutes les 3h pour évacuer les litres de pisse mémé, ceux qui prient avec ardeur pour le salut du monde, ceux là ce sont les efficaces, rien ne les arrête, même quand ils dorment, et grâce à eux le monde tourne lumineux, encore un peu lumineux dans ce bric à brac informe…
Non, vraiment la nuit n’est pas que la nuit
La nuit est la promesse d’un autre matin…d’un beau matin
(C) Marine DE CHARRIN
dimanche 27 juillet 2014
La lumière s'éteignit
C’était l’oasis, la salle noire de l’après midi…, ma suprême détente, mon moment de béatitude : avaler passive et immobile les histoires des autres, leurs gestes, leurs voyages, leurs passions, leurs désespoirs ; sans aucun effort qui me coûte à moi, pleurer avec eux, rire grâce à eux, m’étonner de la suite si peu logique du cours de leurs vies, y croire avec eux, espérer autre chose, être déçue, et puis ressusciter à nouveau, me bouleverser de leurs peines, les admirer, imaginer l’ambiance sur le tournage, les envier, les aimer…Vivre avec intensité sans avoir à le vivre moi-même, quelle fabuleuse procuration, la magie de l’évasion !
Vous avez compris, le cinoch c’est mon truc, et quand il me l’a proposé plutôt que de retourner bosser, faire les comptes, et puis les rendre pendant d’interminables réunions, alors oui, évidemment oui, j’ai dit oui !
Et c’est parti, on y est, je m’enfonce douillettement dans le rouge profond du fauteuil en attendant qu’il revienne des toilettes. En fait, je suis déjà partie, déjà ailleurs, j’ai le cœur qui vibre dès la première publicité, je m’enfonce encore un peu pour oublier mon corps et m’évader pour de bon dans un autre décor…Quand il s’assoit à côté de moi, je ne le regarde pas, je suis envoûtée c’est trop tard…, béate et concentrée.
Mais…, un truc qui me gêne, un p'tit bruit de bouche, un «crounch crounch» des mandibules, un p'tit cliquètement régulier des dents du dessus sur celles du bas…Je m’agace, je tourne mes yeux, rien que les yeux, le reste de mon corps est ailleurs, vers le bruit…Non ! Des popcorns ! Ha non ! Pitié, au secours ! Le ringard, non, c’est impossible, je ne vais pas supporter. Je serre les dents moi aussi, je prends sur moi… «crounch crounch», c’est imbuvable… ! Maxi format en plus les popcorns, c’est pas croyable !
Dix interminables minutes pour terminer ce monstrueux gobelet, un calvaire.
Et puis du répit…, ouf ! Le cauchemar est terminé, je détends à nouveau mes muscles crispés par l’exaspération contenue…
Mais… ? Il bouge ? Il fouille, il farfouille, dans ses poches, à moitié debout ! Un mouchoir maintenant ! Il va pas éternuer quand même ?!! Encore moins se moucher hein ?? Mais je rêve ! 3 gros barrissements d’éléphant…Allez la discrétion, allez la poésie ! Mais il va me foutre en l’air ma séance ! Je fulmine, je me retiens, je me concentre, je l’abstraie, je m’enfonce encore pour m’éloigner de son bras droit qui touche mon gauche…Allez, courage, ça va bien se passer maintenant, le pire est passé…
Mais…ce bras que je viens de fuir, il le remet sur le mien, mais il le pose même sur le mien, comme si je n’étais pas là… ! Incroyable… ! Je lui laisse l’accoudoir, et il installe, non il étale, son bras de l’autre côté de l’accoudoir, c'est-à-dire dans mon espace vital réduit à néant, il s’affale, en largeur, en épaisseur, en lourdeur !
Surtout ne me demande pas en mariage hein ?!! Non, surtout pas, ne me parle, ne t’approche pas, je ne suis pas là. Je m’accroche comme une désespérée, cette fois c’est moi qui le suis, ça n’est pas une procuration, à la vie de mes héros de l’autre côté de l’écran.
Ah ! on voudrait bien être à leur place ! AAAAH ! Comme on le voudrait !!
Vous avez compris, le cinoch c’est mon truc, et quand il me l’a proposé plutôt que de retourner bosser, faire les comptes, et puis les rendre pendant d’interminables réunions, alors oui, évidemment oui, j’ai dit oui !
Et c’est parti, on y est, je m’enfonce douillettement dans le rouge profond du fauteuil en attendant qu’il revienne des toilettes. En fait, je suis déjà partie, déjà ailleurs, j’ai le cœur qui vibre dès la première publicité, je m’enfonce encore un peu pour oublier mon corps et m’évader pour de bon dans un autre décor…Quand il s’assoit à côté de moi, je ne le regarde pas, je suis envoûtée c’est trop tard…, béate et concentrée.
Mais…, un truc qui me gêne, un p'tit bruit de bouche, un «crounch crounch» des mandibules, un p'tit cliquètement régulier des dents du dessus sur celles du bas…Je m’agace, je tourne mes yeux, rien que les yeux, le reste de mon corps est ailleurs, vers le bruit…Non ! Des popcorns ! Ha non ! Pitié, au secours ! Le ringard, non, c’est impossible, je ne vais pas supporter. Je serre les dents moi aussi, je prends sur moi… «crounch crounch», c’est imbuvable… ! Maxi format en plus les popcorns, c’est pas croyable !
Dix interminables minutes pour terminer ce monstrueux gobelet, un calvaire.
Et puis du répit…, ouf ! Le cauchemar est terminé, je détends à nouveau mes muscles crispés par l’exaspération contenue…
Mais… ? Il bouge ? Il fouille, il farfouille, dans ses poches, à moitié debout ! Un mouchoir maintenant ! Il va pas éternuer quand même ?!! Encore moins se moucher hein ?? Mais je rêve ! 3 gros barrissements d’éléphant…Allez la discrétion, allez la poésie ! Mais il va me foutre en l’air ma séance ! Je fulmine, je me retiens, je me concentre, je l’abstraie, je m’enfonce encore pour m’éloigner de son bras droit qui touche mon gauche…Allez, courage, ça va bien se passer maintenant, le pire est passé…
Mais…ce bras que je viens de fuir, il le remet sur le mien, mais il le pose même sur le mien, comme si je n’étais pas là… ! Incroyable… ! Je lui laisse l’accoudoir, et il installe, non il étale, son bras de l’autre côté de l’accoudoir, c'est-à-dire dans mon espace vital réduit à néant, il s’affale, en largeur, en épaisseur, en lourdeur !
Surtout ne me demande pas en mariage hein ?!! Non, surtout pas, ne me parle, ne t’approche pas, je ne suis pas là. Je m’accroche comme une désespérée, cette fois c’est moi qui le suis, ça n’est pas une procuration, à la vie de mes héros de l’autre côté de l’écran.
Ah ! on voudrait bien être à leur place ! AAAAH ! Comme on le voudrait !!
(C) Marine DE CHARRIN
samedi 26 juillet 2014
La licorne
Ha ça commence bien, nous voilà bien ! Dans quelle histoire de cornes encore, pécore, s’embarque t on ? Martine, des idées en or, tu en as pléthore, mais c’est cornélien pour nous d’écrire tu sais ? C’est comme jeter des sorts, ou jouer de l’accordéon, désaccorder les mots, faire grincer les accords…C’est comme atterrir en avion sur un port ou nager sous les cordes d’un ciel corrément déchaîné…Martine, as-tu déjà marché la corde au cou ? Les cors aux pieds ? Perdue dans un décor étranger ? As-tu essayé d’articuler 3 mots la bouche pleine de raisins de Corinthe ? Ou le corps replié dans une boîte de coriandre, au bord d’une corniche ? Ha certainement non, tout ça est impossible, tu es incorrigible Martine ! As-tu déjà essayé de trouver un stylo oublié dans ton cortable au dos ? D’autant plus avec un corset ? Avec lequel tu ne peux ni tourner ni corriger la rotation de ton buste ? Et si, de toutes tes cordes vocales, tu cries là dessus « à l’aide !!! », tu te briseras le cortex, et t’écorcheras le coffre !
Martine, nous voilà bien avec cette licorne comme entrée en matière pour un texte, il y a pourtant pléthore de mots plus en accord avec un inspiration plus corrée que la nôtre, non ?
Tiens, corrida par exemple, n’est ce pas un mot merveilleux ? Ha ! Mais si ! Nous voilà plongés dans la chaleur corride d’une arène espagnole, dans l’ambiance mi moite mi sanguinaire d’un film à la Scorsese. Nous voilà fascinés par cette bête énorme, bicorne, fumante, accorchant le rouge sang du tissu flamboyant sous un soleil à décorner les bœufs…Ca y est je décorle Martine, je pars…
Ha Martine, 2 ou 3 cors douloureux ne suffiront jamais à me tenir les pieds en terre. Tu le sais bien, licorne, pécore, cortable, cornu, corniche, accordéon, corps, accord ou désaccord, on en demandera toujours …ENCORE !!!
(C) Marine DE CHARRIN
vendredi 25 juillet 2014
Lorsqu'à minuit
Lorsqu’à minuit je saute d’arbre en arbre, je trouve que la vie est étrange.
Mais oui ! Quoi, comment se fait il que je sois obligé de sauter ? Pourquoi pas me pendre et dans un élan d’une souplesse remarquable, accrocher la branche suivant aussi naturellement qu’une coccinelle qui tourne sur une boîte à musique ? Pourquoi ne puis-je rien faire comme tout le monde ? Hein ? Pourquoi ? Et puis comment se fait il qu’il soit toujours minuit quand je saute de branches en branches ? Pourquoi pas en plein jour, profitant ainsi de l’ombre bienfaisante et fraîche des feuilles vertes sur ma peau ?
Du pot ? Non, je n’en ai pas à vrai dire. Je trouve que vivre c’est être ange, mi ailes mi souplesse, mi porté par la nature mi fortifié par sa volonté propre. Vous y comprenez quelque chose ? Rien hein ?
Oui, ça fait plus propre de sauter d’arbre en arbre la nuit. Imaginez ! Si tout le monde se mettait à sauter en plein jour !
Mais enfin ça n’explique pas tout, pourquoi est ce toujours quand je saute d’arbre en arbre que je trouve alors la vie étrange ? Hein ? Pourquoi ? Pourquoi pas à un autre moment ?
D’ailleurs pour quoi est-ce la vie que je trouve étrange et non pas autre chose ? Tenez, les sacs à main de Martine par exemple, ils sont bien souvent très étranges... Et les 2 paires de lunettes de Pascale, étrange non ? Et que peut-on penser des yeux bleus verts et des cheveux longs d’Olivier ?
Ha bien des choses à minuit sont étranges ! Pendant que je saute d’arbre en arbre, la moitié de la terre est allongée tandis que tous l’autre est à la verticale, les uns dorment dans le noir et le froid pendant que les autres se dorment la pilule au grand jour et au chaud !
Et puis pourquoi « je », pourquoi « je » trouve que tout ça est étrange, à minuit, d’arbre en arbre ? Et vous dans tout ça ? Hein ? Vous ne sautez jamais vous d’arbre en arbre à minuit ou à d’autres moments ? Vous ne trouvez rien d’étrange à cette question ?
Non, décidément, je pense que toute la vie consiste à être ange, un ange doux et drôle, un ange bizarre ou bien même normal, mais en tous cas être ange…Pour soi et pour les autres.
Mais oui ! Quoi, comment se fait il que je sois obligé de sauter ? Pourquoi pas me pendre et dans un élan d’une souplesse remarquable, accrocher la branche suivant aussi naturellement qu’une coccinelle qui tourne sur une boîte à musique ? Pourquoi ne puis-je rien faire comme tout le monde ? Hein ? Pourquoi ? Et puis comment se fait il qu’il soit toujours minuit quand je saute de branches en branches ? Pourquoi pas en plein jour, profitant ainsi de l’ombre bienfaisante et fraîche des feuilles vertes sur ma peau ?
Du pot ? Non, je n’en ai pas à vrai dire. Je trouve que vivre c’est être ange, mi ailes mi souplesse, mi porté par la nature mi fortifié par sa volonté propre. Vous y comprenez quelque chose ? Rien hein ?
Oui, ça fait plus propre de sauter d’arbre en arbre la nuit. Imaginez ! Si tout le monde se mettait à sauter en plein jour !
Mais enfin ça n’explique pas tout, pourquoi est ce toujours quand je saute d’arbre en arbre que je trouve alors la vie étrange ? Hein ? Pourquoi ? Pourquoi pas à un autre moment ?
D’ailleurs pour quoi est-ce la vie que je trouve étrange et non pas autre chose ? Tenez, les sacs à main de Martine par exemple, ils sont bien souvent très étranges... Et les 2 paires de lunettes de Pascale, étrange non ? Et que peut-on penser des yeux bleus verts et des cheveux longs d’Olivier ?
Ha bien des choses à minuit sont étranges ! Pendant que je saute d’arbre en arbre, la moitié de la terre est allongée tandis que tous l’autre est à la verticale, les uns dorment dans le noir et le froid pendant que les autres se dorment la pilule au grand jour et au chaud !
Et puis pourquoi « je », pourquoi « je » trouve que tout ça est étrange, à minuit, d’arbre en arbre ? Et vous dans tout ça ? Hein ? Vous ne sautez jamais vous d’arbre en arbre à minuit ou à d’autres moments ? Vous ne trouvez rien d’étrange à cette question ?
Non, décidément, je pense que toute la vie consiste à être ange, un ange doux et drôle, un ange bizarre ou bien même normal, mais en tous cas être ange…Pour soi et pour les autres.
Ça vous dérange ??
(C) Marine DE CHARRIN
jeudi 24 juillet 2014
Les animaux tombaient du ciel
Les animaux tombaient du ciel un à un sans se faire de mal.
Bien organisés, faisant la queue rangée sagement, sans se la manger les uns les autres, sans que celui de devant ne s’en serve comme chasse mouche, chasse zèbre, chasse taupe, chasse orang outan…Non, rien de tout cela au ciel, non, bien au contraire, une queue leu-leu infinie et ininterrompue de bêtes au cœur doux, à l’esprit magnanime, de bêtes en tous genres, longues, rondes, fourrées, fines, panachées, hautes ou posées au sol. Enfin, posées au sol…au nuage, posées au sol du firmament, Là Haut, progressant avec une lenteur et une bienveillance déconcertante pour nous humains aux pensées fourbes et égoïstes, aux pensées et aux actes ne volant souvent pas si haut que ça…
Dieu avait il un message à nous apporter à travers cette incroyable chute d animaux au cœur doux ? Que voulait-il nous faire comprendre avec cette pluie ordonnée de créatures béates ? Eléphants roses, daims au chocolat, biches aux yeux de gazelles, rats des chants magnifiques, lynx devins, poules aux œufs d’or, chiens de caractère, pies conteuses, cochons très riches mais généreux, mites errantes, et j’en passe !
Un flot continu de bêtes à bon Dieu nous venaient tout droit du plus haut des Cieux, nous apporter la bonne nouvelle, celle du paradis retrouvé, celle de la bonté et de la clémence, celle de l’amour, celle que les humains ne pratiquaient plus depuis longtemps, ne connaissaient plus depuis longtemps, c’est à dire ni d’Adam ni d’Eve…
(C) Marine DE CHARRIN
dimanche 13 juillet 2014
Au pied de la lettre !
Non ça n’est pas si facile tu vois ! Je n’y arrive pas, j’ai beau faire le tour de la bête, ça m’échappe, je ne trouve pas, j’en ai même imprimé un de profil pour trouver un indice, rien, en gros plan pour chercher dans le détail, toujours rien. Je ne comprends pas. J’en ai acheté un tout surgelé pour le dépiauter une fois fondu, je n’ai rien vu…J’en ai farci un le soir de Noël en me disant « là au moins je vais tomber sur la solution c’est sûr » et bien non.
J’ai dansé avec eux autour de la mare, en les suivant de tout près, un devant, un derrière, sûr qu’en examinant bien, j’allais enfin y arriver.
J’ai laissé couler tout ce que je pouvais dessus, mais ça ne m’a pas aidé non plus.
Je me suis gelé dans leur froid, convaincu qu’en partageant leur douleur, tout allait s’éclairer.
Mais rien, rien, jamais rien
J’en ai même rencontré un, vilain comme pas 2, petit oui, mais vilain ! Comme quoi la taille, ça ne veut rien dire. Justement rien, il n’a rien voulu me dire ! On s’est pris le bec ! Tiens, il a qu’à rester sur la berge celui là, il peut aller se faire laquer ailleurs, non mais quelle peau de vache…Enfin si on peut dire !
Et puis finalement, pris de pitié et de remord, je suis retourné le voir, je me sentais trop seul moi aussi avec mes insolvables questionnements, et tous les 2 on s’est mis à chanter…, chanter…., chanter ! Evidemment, il a plu violemment parce que 2 vilains petits laqués truffés dansant dandinant du bassin et qui se foutent pas mal de tout ce qui peur leur couler sur les plumes…, ça fait tomber des chants et des chiens !
Mais désormais, je ne cherche plus la réponse, la solution m’est bien égale, j’ai trouvé l’amitié et je suis heureux, voilà
Le mystère de la vie, ça a du bon
Après tout, qu’est ce que ça peut changer dans l’existence de savoir comment on peut casser 3 pattes à un canard ??
(C) Marine DE CHARRIN
Mais rien, rien, jamais rien
J’en ai même rencontré un, vilain comme pas 2, petit oui, mais vilain ! Comme quoi la taille, ça ne veut rien dire. Justement rien, il n’a rien voulu me dire ! On s’est pris le bec ! Tiens, il a qu’à rester sur la berge celui là, il peut aller se faire laquer ailleurs, non mais quelle peau de vache…Enfin si on peut dire !
Et puis finalement, pris de pitié et de remord, je suis retourné le voir, je me sentais trop seul moi aussi avec mes insolvables questionnements, et tous les 2 on s’est mis à chanter…, chanter…., chanter ! Evidemment, il a plu violemment parce que 2 vilains petits laqués truffés dansant dandinant du bassin et qui se foutent pas mal de tout ce qui peur leur couler sur les plumes…, ça fait tomber des chants et des chiens !
Mais désormais, je ne cherche plus la réponse, la solution m’est bien égale, j’ai trouvé l’amitié et je suis heureux, voilà
Le mystère de la vie, ça a du bon
Après tout, qu’est ce que ça peut changer dans l’existence de savoir comment on peut casser 3 pattes à un canard ??
(C) Marine DE CHARRIN
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